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fort uniforme sur la signature, disant aux uns qu’il en fallait croire la décision du pape, et aux autres qu’il savait bien que l’Église n’avait jamais exigé la décision des faits non révélés. Il y eut même quelques-unes des religieuses de Paris qui ne s’engagèrent à signer que parce qu’il leur déclara qu’il leur permettait de demeurer dans leur doute, et qu’il ne leur demandait leur souscription que comme une marque de la déférence et du respect qu’elles avaient pour l’autorité de leur supérieur. L’archevêque, dans cet embarras, crut devoir prendre le parti de ne point répondre à cette requête, et fit semblant qu il ne l’avait point reçue. Mais, les religieuses des Champs n’en demeurèrent pas là, et ne pouvant supporter sans une extrême peine d’être privées des sacrements, surtout à la fête de Noël qui était proche, elles lui écrivirent lettre sur lettre, pour le conjurer de les mettre en état de lui obéir. Enfin il leur écrivit, mais au lieu de leur donner l’explication qu’elles lui demandaient, il se contenta de leur reprocher en termes généraux leur orgueil et leur opiniâtreté, les traitant de demi-savantes qui avaient l’insolence de demander à leur archevêque des explications sur des choses si faciles à entendre, et qu’elles entendaient aussi bien que lui. Mais cette réponse ne le tira point encore d’affaire. Elles lui présentèrent une seconde requête, plus pressante que la première, le conjurant au nom de Jésus-