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que si Sa Sainteté voulait encore exiger d’eux une plus grande preuve de la sincérité avec laquelle ils adhéraient à la foi établie par ces constitutions, ils consentaient de la lui donner. Les principaux défenseurs de Jansénius avaient eu assez de peine à souscrire à ce dernier article, qui mettait le pape en droit, pour ainsi dire, de leur imposer telle loi qu’il voudrait. Cependant l’évêque de Comminges ne laissa pas d’envoyer cet écrit à Sa Sainteté, avec une lettre très respectueuse qu’il lui écrivait sur ce sujet. Il y avait apparence que cela serait agréablement reçu à Rome.

En effet, que pouvait-on exiger de plus précis des défenseurs de Jansénius qu’une explication si orthodoxe de leur doctrine, et une soumission si sincère aux constitutions du Saint-Siège ? Il arriva néanmoins tout le contraire de ce qu’on espérait : car dans ce temps-là même le Père Ferrier ayant aussi envoyé à Rome une relation fausse et très odieuse de tout ce qui s’était passé dans les conférences, le pape, prévenu contre l’évêque de Comminges qu’il regardait comme un des chefs du jansénisme, crut que toutes ces soumissions n’avaient en effet rien de sincère. Au lieu donc de faire réponse à ce prélat, il se contenta d’écrire un bref aux évêques de France en général, où, sans leur parler de formulaire, il les louait fort de leur zèle à faire exécuter en France les constitu-