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Ce syndic était le docteur Grandin, fameux moliniste, et qui avait eu la principale part à tout ce qui s’était fait en Sorbonne contre M. Arnauld. Lui et les autres partisans des jésuites souffrirent beaucoup de voir ainsi attaquer la doctrine de l’infaillibilité, qui était leur doctrine favorite. Ils firent même, quoique inutilement, plusieurs efforts pour empêcher la Faculté d’enregistrer ces arrêts. Mais la plus saine partie des docteurs saisit cette occasion de laver la Faculté du reproche qu’on lui faisait publiquement d’avoir abandonné son ancienne doctrine. Ils travaillèrent avec tant de succès que la Faculté dressa la fameuse déclaration de ses sentiments, contenus en six articles, dans lesquels elle exposait combien elle était éloignée d’enseigner ni que le pape eût aucune autorité sur le temporel des rois, ni qu’il fût infaillible et supérieur au concile. Elle présenta elle-même ces six articles au roi, et ensuite au Parlement, qui la félicita d’être rentrée dans ses véritables maximes, et de s’être assurée contre toutes ces nouveautés dangereuses que la cabale des moines et de quelques particuliers, liés d’intérêt avec eux, avait depuis vingt ans introduites dans les écoles.

Presque en même temps, il y eut un autre arrêt pour réduire, selon l’ancien usage, le nombre des docteurs mendiants à deux de chaque ordre dans les assemblées de théologie. Quelques moines voulurent