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règles et des constitutions, une grande union et charité entre les sœurs, et la fréquentation des sacrements digne d’approbation, avec une soumission due à notre Saint-Père le pape et à tous ses décrets, par une foi orthodoxe et une obéissance légitime ; n’ayant rien trouvé ni reconnu en l’un et en l’autre monastère qui soit contraire à ladite foi orthodoxe et à la doctrine de l’Église catholique, apostolique et romaine, ni aux bonnes mœurs, mais plutôt une grande simplicité, sans curiosité dans les questions controversées, dont elles ne s’entretiennent point, les supérieures ayant eu soin de les en empêcher ; nous les exhortons toutes, par les entrailles de Jésus-Christ, d’y persévérer constamment, et la Mère abbesse d’y tenir la main. »

Voilà, en peu de mots, l’apologie des religieuses de Port-Royal ; les voilà reconnues pour très pures dans leur foi et dans leurs mœurs, très soumises à l’Eglise, et très ignorantes des matières contestées ; et voilà par conséquent les jésuites déclarés de très grands calomniateurs par l’homme même que les jésuites avaient fait nommer pour examiner ces filles.

Vraisemblablement on se garda bien de montrer au roi cette carte de visite, qui aurait été capable de lui donner contre les persécuteurs de ces religieuses toute l’indignation qu’ils lui avaient inspirée contre elles. Je ne sais point si M. Bail prit, pour les justifier, les soins que sa conscience l’obligeait de prendre ;