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la doctrine ne sera point soupçonnée de jansénisme ; à l’établissement duquel nous entendons qu’il soit procédé incessamment par les vicaires généraux de l’archevêque de Paris. »

Après une telle lettre, on n’osa plus garder les sept novices, et on les rendit à leurs parents ; mais on ne put jamais les faire résoudre à quitter l’habit. Elles le gardèrent pendant plus de trois ans, attendant toujours qu’il plût à Dieu de rouvrir les portes d’une maison où elles voyaient que leur salut était attaché.

L’une de ces novices était cette Mlle Perrier qui avait été guérie par la Sainte Épine ; et Dieu a permis qu’elle soit restée dans le siècle, afin que plus de personnes pussent apprendre de sa bouche ce miracle si étonnant. Elle est encore vivante au moment que j’écris ceci ; et sa piété exemplaire, très digne d’une vierge chrétienne, ne contribue pas peu à confirmer le témoignage qu’elle rend à la vérité.

Les pensionnaires et les postulantes chassées, on chassa aussi le supérieur et les confesseurs. Alors M. de Contes, doyen de Notre-Dame, l’un des grands-vicaires, amena aux religieuses, par ordre du roi, M. Bail, curé de Montmartre, et sous-pénitencier, pour être leur supérieur et leur confesseur. Et celui-ci nomma deux prêtres de Saint-Nicolas du Chardonnet pour être leurs confesseurs sous lui. On ne pouvait guère choisir de gens plus prévenus contre