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toute l’affaire de Jansénius. Cette relation étant lue, on fit aussi lecture de la constitution et du bref, des déclarations du roi, et de toutes les lettres des assemblées précédentes. M. de Marca fit un grand discours sur l’autorité de la présente Assemblée, qu’il égalait à un concile national. Tout cela, comme on peut penser, fut fort long, et occupa presque toutes les deux séances dans lesquelles cette grande affaire fut terminée ; en telle sorte que ceux qui y étaient présents n’eurent autre chose à faire qu’à écouter et signer. Il n’y eut, pour ainsi dire, ni examen ni délibération. Ceux qui n’étaient pas de l’avis du formulaire furent entraînés par le grand nombre. On confirm les délibérations des assemblées précédentes ; le formulaire fut approuvé, et on résolut qu’il serait envoyé à tous les évêques absents, avec ordre à eux d’exécuter les résolutions de l’Assemblée, sous peine d’être exclus de toute assemblée du clergé, soit générale, soit particulière, et même des assemblées provinciales. Tout cela se fit le premier et le deuxième jour de septembre [1656].

En même temps l’Assemblée écrivit au nouveau pape pour lui rendre compte de tout ce qu’elle avait fait contre les jansénistes. Ce pape, qui s’appelait auparavant Fabio Chigi, avait pris le nom d’Alexandre VII. Je ne puis m’empêcher de rapporter à son sujet une chose assez particulière, que le cardinal de