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ne pouvaient être séparés. « Le pape, disait ce prélat, déclare qu’il a condamné comme hérétique la doctrine de Jansénius ; or les jansénistes soutiennent la doctrine de Jansénius ; donc les jansénistes soutiennent une doctrine hérétique. » C’était un des plus ridicules sophismes qui se pût faire, puisque le pape n’expliquant point ce qu’il entendait par la doctrine de Jansénius, la même question de fait subsistait toujours entre ses adversaires et ses défenseurs, dont les uns croyaient voir dans cette doctrine tout le venin des cinq propositions, et les autres n’y croyaient voir que la doctrine de saint Augustin. Il n’est pas croyable néanmoins combien de gens se laissèrent éblouir à ce faux argument. Le Père Annat le répétait à chaque bout de champ dans ses livres, et ce ne fut qu’après un nombre infini de réfutations qu’il fut obligé de l’abandonner.

Cependant lui et M. de Toulouse ayant préparé tous les matériaux pour faire accepter leur formulaire dans l’Assemblée générale, deux prélats, envoyés par le roi, y vinrent exhorter les évêques, de la part de Sa Majesté, à chercher les moyens d’extirper l’hérésie du jansénisme. En même temps tous les prélats qui se trouvaient alors à Paris eurent aussi ordre de se rendre dans la grande salle des Augustins [1656].

Alors M. de Toulouse présenta à l’Assemblée une ample relation, qu’il avait composée à sa mode, de