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évêques qui accompagnait ce même livre. Et plût à Dieu que leur animosité contre cet abbé se fût arrêtée à sa personne, et ne se fût pas étendue sur un saint établissement de filles[1] dont il avait dressé les constitutions, et qu’ils ont eu le secret de faire détruire, au grand regret de la province de Languedoc et de toute l’Eglise même, qui en recevait autant d’utilité que d’édification !

Comme tous ces extraits des curés avaient achevé de convaincre tout le monde de la fidélité des citations de M. Pascal, les jésuites prirent un parti tout contraire à celui qu’ils avaient pris jusqu’alors. Ils entreprirent de défendre ouvertement la doctrine de leurs auteurs, et c’est ce qui fit publier le livre de l’Apologie des casuistes, composé par le Père Pirot, ami intime du Père Annat, et qui enseignait la théologie au collège de Clermont. Comme ils n’avaient pu obtenir de privilège pour l’imprimer, on n’y voyait ni nom d’auteur ni nom d’imprimeur ; mais ils le débitèrent publiquement dans leur collège. Ils en distribuèrent eux-mêmes plusieurs exemplaires aux amis de la société, tant à Paris que dans les provinces. Le Père Brisacier le fit lire en plein réfectoire dans le collège de Rouen. Il avait plus de raison qu’un autre de soutenir ce bel ouvrage, puisqu’on y renouvelait contre

  1. L’Institut des Filles de l’Enfance.