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Lettres, fit en présence de son archevêque, en un synode de plus de huit cents curés, un discours fort pathétique sur la corruption qui s’était depuis peu introduite dans la morale. Quoique les jésuites n’eussent point été nommés dans ce discours, le Père Brisacier, qui était alors recteur du collège des jésuites à Rouen, n’en eut pas plus tôt avis que sa bile se réchauffa. Il prit la plume et fit un libelle en forme de requête, où il déchirait ce vertueux ecclésiastique avec la même fureur qu’il avait déchiré les religieuses de Port-Royal.

Les autres curés, touchés du traitement indigne qu’on faisait à leur confrère, eurent soin, avant toutes choses, de s’instruire à fond du sujet de leur querelle. Ils prirent d’un côté les Lettres provinciales, et de l’autre les livres des casuistes, résolus de poursuivre, ou la condamnation de ces Lettres, si les casuistes y étaient cités à faux, ou la condamnation des casuistes, si ces citations étaient véritables. Ils y trouvèrent non seulement tous les passages qui étaient rapportés, mais encore un grand nombre de beaucoup plus horribles, que M. Pascal avait fait scrupule de citer. Ils dressèrent un extrait de tous ces passages, et le présentèrent avec une requête à M. de Harlay, alors leur archevêque, qui a été depuis archevêque de Paris. Mais lui, jugeant que cette affaire regardait toute l’Église, les renvoya à l’Assemblée générale du