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prises, que sur cela il entreprenait tout le monde ; jusque-là que, sur la fin de ses jours, étant tombé dans un assoupissement que l’on croyait dangereux pour sa vie, ces mêmes amis ne savaient point de meilleur moyen pour l’en tirer que de lui crier, ou que les Français avaient été battus, ou que le roi avait levé le siège de quelque place ; et il reprenait toute sa vivacité naturelle pour disputer contre eux, et leur soutenir que la nouvelle ne pouvait pas être vraie. Il n’y a qu’à lire son testament, où il déclare à Dieu le fond de son cœur. On y verra avec quelle tendresse, bien loin d’imputer au roi toutes les traverses que lui ou ses amis ont essuyées, il plaide, pour ainsi dire, devant Dieu la cause de ce prince, et justifie la pureté de ses intentions.

Oserai-je parler ici des épreuves extraordinaires où l’on a mis son amour inébranlable pour la vérité ? De grands cardinaux, très instruits des intentions de la cour de Rome, n’ont point caché qu’il n’a tenu qu’à lui d’être revêtu de la pourpre de cardinal, et que, pour parvenir à une dignité qui aurait si glorieusement lavé tous les reproches d’hérésie que ses ennemis lui ont osé faire, il ne lui en aurait coûté que d’écrire contre les propositions du clergé de France touchant l’autorité du pape. Bien loin d’accepter ces offres, il écrivit même contre un docteur flamand[1]

  1. Scheelstrate.