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quelques-uns d’entre eux[1] ; et il n’y a pas eu plus de réparation des outrages faits au confesseur que des faussetés avancées contre les religieuses. Le cardinal de Retz ne pouvait donc faire à ces filles un meilleur présent que de leur donner un supérieur de ce mérite, ni mieux marquer qu’il avait hérité pour elles de toute la bonne volonté de son prédécesseur.

Comme c’est cette bonne volonté dont on a fait le plus grand crime aux prétendus jansénistes, il est bon de dire ici jusqu’à quel point a été leur liaison avec ce cardinal. On ne prétend point le justifier de tous les défauts qu’une violente ambition entraîne d’ordinaire avec elle ; mais tout le monde convient qu’il avait de très excellentes qualités, entre autres une considération singulière pour les gens de mérite, et un fort grand désir de les avoir pour amis. Il regardait M. Arnauld comme un des premiers théologiens de son siècle, étant lui-même un théologien fort habile, et lui a conservé jusqu’à la mort cette estime qu’il avait conçue pour lui dès le temps qu’ils étaient ensemble sur les bancs ; jusque-là qu’après son retour en France, il a mieux aimé se laisser rayer du nombre des docteurs de la Faculté que de souscrire à la cen-

  1. V. Sainte-Beuve, Port-Royal, t. II, p. 552 ; voir aussi Godefroi Hermant, Mémoires, l. VII, ch. xx (t. I, p. 670).