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ACTE III, SCÈNE I. ng

NÉRON.

Moi , Burrhus ?

BURRHUS.

Cet amour, seigneur, qui vous possède...

NÉRON.

Je vous entends , Burrhus. Le mal est sans remède : Mon cœur s'en est plus dit que vous ne m'en direz ; Il faut que j'aime enfin.

EURRHUS.

Vous vous le figiîrez, Seigneur; et , satisfait de quelque résistance, Vous redoutez un mal foible dans sa naissance. Mais si dans son devoir votre cœur affermi Vouloit ne point s'entendre avec son ennemi; Si de vos premiers ans vous consultiez la gloire; Si vous daigniez, seigneur, rappeler la mémoire Des vertus d r Octavie indignes de ce prix , Et de son chaste amour vainqueur de vos mépris ; Surtout si, de Junie évitant la présence , Vous condamniez vos yeux à quelques jours d'absence; Croyez-moi, quelque amour qui semble vous charmer, On n'aime point, seigneur, si l'on ne veut aimer.

NÉRON.

Je vous croirai , Burrhus , lorsque dans les alarmes

Il faudra soutenir la gloire de nos armes ,

Ou lorsque, plus tranquille, assis dans le sénat ,

Il faudra décider du destin de l'état :

Je m'en reposerai sur votre expérience.

Mais, croyez-moi, l'amour est une autre science ,

Burrhus ; et je ferois quelque difficulté

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