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Page:Rabelais marty-laveaux 03.djvu/350

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342 LETTRES ET DOCVMENTS.

d’auoine, fpelte & orge, tant qu’il en a peu recou- urir & de vin tout ce qu’en ell arriué en Ripe. le pente qu’il luy couftera bon : dont il fe paflaft bien en la pouureté où il eft, qui ell : grande & apparente, plus qu’en pape qui full depuis trois cens ans en ça. Les Romains n’ont encores conclud comment ils s’y doiuent gouuerner & fouuent a e[\é faide afTem- blée de par le Sénateur, Conferuateurs & Gouuer- neur, mais ils ne peuuent accorder en opinions. L’Empereur par fondift AmbalTadeur leur a dénoncé, qu’il n’encend point que Tes gens viuent à difcretion c’eft à dire fans payer, mais à difcretion du Pape qui eft ce que plus griefue le Pape, car il entend bien que par cette parole l’Empereur veult veoir comment & de quelle affedion il le traidera luy & fes gens. Le Saind Père par eledion du Confirtoire a enuoyé par deuers luy deux Légats fcauoir ell, le Car- dinal de Senes & le Cardinal Caefarin. Depuis y font dabondant allez les Cardinaux Saluiati & Ro- dolphe & monfeigneur de Saindes auecques eulx. l’entends que c’ell pour l’affaire de Florence, & pour le différend, qui ell entre le Duc Alexandre de Medi- cis & Philippes Stroffi duquel vouloit ledid Duc confifquer les biens qui ne font petits, car après les Fourques de Auxbourg en Almaigne il eft eftimé le plus riche marchand de la ChrelHenté & auoit mis gens en cette ville pour l’emprifonner ou tuer quoy que ce fufl : . De laquelle entreprife aduerty impetra du Pape de porter armes & alloit ordinai- rement accompagné de trente fouldars bien armez à poind. Ledid Duc de Florence comme ie penfe aduerty que ledid Strofly auecques les iufdids Car- dinaux, s’eftoit retiré par deuers l’Empereur, & qu’il offroit audid Empereur quatre cents mille Ducats