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Page:Rabelais marty-laveaux 03.djvu/267

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ALMANACH FOVR LAN 1535. 25CJ

fur l’aduenir, ains entendre que ceux, qui ont en art rédigé les longues expériences des Aftres, ont ainfi décrété comme ie le defcrits. Cela que peut ce eftreî^ raoinscertes que néant. Car Hippocratesdit, Aphor. i. Vita breuis, Ars longa. De l’homme la vie eft trop brieue, le fens trop fragile, & l’entendement trop diftrait pour comprendre chofes tant efloignées de nous. C’eft ce que Socrates difoit en fes communs deuis, Quîe fupra nos, nihil ad nos. Refte doncques que fuiuans le confeil de Platon in Gorgia ou mieux la do£^rine Euangelique, Matth. 6, nous déportons de cette curieufe inquifition au gouuernement & dé- cret inuariable de Dieu tout puifTant, qui tout a créé & difpenfé félon fon facré arbitre : fupplions & requierons fa fainte volonté eftre continuellement parfaite tant au ciel comme en la terre. Sommaire- ment vous expofant de cette année ce que i’ay peu extraire des Auteurs en l’art, Grecs, Arabes, & La- tins, nous commencerons en cette année fentir partie de l’infelicité de la coniondion de Saturne & Mars, qui fut l’an paiïe, & fera l’an prochain le xxv de May. De forte qu’en cette année feront feulement les machinations, menées, fondemens, & femences du malheur fuiuant : Si bon temps auons, ce fera outre la promeffe des Aftres : Si paix, ce fera non par dé- faut d’inclination & entreprife de guerre, mais par faute d’occafion. Ce eft qu’ilz difent. le dis quant eft de moy, que fi les Roys, Princes, & communitez Chriftianes ont en reuerence la diuine parole de Dieu, & félon icelle gouuernent foy & leurs fuiets, nous ne veifmes de noftre aage année plus falubre es corps, plus paifible es âmes, plus fertile en biens, que fera cette-cy, & voirons la face du ciel, la vef- ture de la terre, & le maintien du peuple, ioyeux,