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Page:Rabelais marty-laveaux 03.djvu/150

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142 LE CINQVIESME LIVRE.

dedans ne luy eftoic permis, pour certaines caufes, lefquelles taire meilleur eftoit à gens viuans vie mor- telle, qu’expofer. Mais en tout euencment, nous commanda élire en cerueau, n’auoir frayeur ne peur aucune, & d’elle fe confier pour la retraite : puis tira le Diamant pendant à la commiffure des deux portes, & à dextrc le ietta dedans vne capfe d’argent, à ce expreffement ordonnée : tira auiïi de l’efTueil de chafcune porte vn cordon de foye cramoiline longue d’vne toife & demie, auquel pcndoit le Scordon, l’attacha à deux boucles d’or, exprelTement pour ce pendantes aux collez, & fe retira à part.

Soudainement les deux portes, fans que perfonne y touchaft, de foy-mefme s’ouurirent, & s’ouurant firent, non bruit ftrident, non fremiiïement horrible, comme font ordinairement portes de bronze, rudes & pefantes, mais doux & gratieux murmur, retentif- fant par la voulte du temple, duquel foudain Panta- gruel entendit la caufe, voyant fous l’extrémité de l’vne & l’autre porte, vn petit cylindre, lequel par fus l’effueil ioignoit la porte, & fe tournant félon qu’elle fe tiroit vers le mur, deiïus vne dure pierre d’O- phytes, bien* torfe & efgalement polie, par fon frot- tement faifoit ce doux & harmonieux murmur.

Bien ie m’efbahiiïois comment les deux portes, chafcune par foy, fans l’opprelTion de perfonne eftoient ainfi ouuertes : pour cefluy cas merueilleux entendre, après que tous fufmes dedans entrez ie proiettay ma veuë entre les portes, & le mur, con- uoiteux de fcauoir par quelle force, & par quel inftrument eftoient ainfi refermées : doutant que noftre amiable Lanterne euft à la conclufion d’icelles appofé l’herbe dite Ethiopis, moyennant laquelle on ouure toutes chofes fermées : mais i’apperçeu que la