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Page:Rabelais marty-laveaux 03.djvu/147

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CHAPITRE XXXV. 139

roient, comme au champs de la Crau, près les foiïes Mariannes en Prouence^ iadis pleurent cailloux (ils y font encores) pour l’aide d’Hercules, n’ayant autre- ment dequoy combatre les deux enfans de Neptune. Mais quoy, defcendons nous icy es limbes des petits enfans ? par dieu ils nous concilieront tous : ou bien en Enfer à tous les diables. Cor dieu ie les vous galleray bien à ceil : e heure, que i’ay du pampre en mes fouliers. O que ie me batray verdement. Où eft-cer* où. font-ilsr^ ie ne crains que leurs cornes. Mais les deux cornes, que Panurge marié portera, m’en garentiront entièrement. le le voy ia, en efpric prophétique, vn autre Acteon cornant, cornu, cor- nancul. Garde, frater, dift Panurge, attendant qu’on marira les Moines, que n’efpoufe la fîebure quar- taine. Car ie puifTe donc fauf & fain retourner de ceftuy Hypogée, en cas que ie ne te la beline, pour feulement te faire cornigere, cornipetant : autrement penfe-ie bien que la fîebure quarte e(l affez mau- uaife bague. Il me fouuicnt que Grippe-minaud te la voulut donner pour femme, mais tu l’appellas héré- tique.

Icy fut le propos interrompu par noftre Iplendide lanterne nous remonftrant, que là eftoit le lieu, au- quel conuenoit fauorer & par fupprellion de pa- roUes, & taciturnicé de langues : du demourant, fill : refponfe peremptoire, que de retourner fans auoir le mot de la bouteille, n’eulïïons d’efpoir aucun, puis qu’vne fois auions nos fouliers feuftrez de pampre.

Paffons donques, dift Panurge, & donnons de la tefte à trauers tous les diables. A périr n’y a qu’vn coup. Toutesfois ie me referuois la vie pour quelque bataille. Boutons, boutons, paflbns outre. I’ay du courage tant & plus : vray eft, que le cœur me