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Page:Rabelais marty-laveaux 03.djvu/129

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CHAPITRE XXIX.

l’y vy trois Hidres, telles qu’en auois ailleurs autrefois veu : Ce font Serpens, ayans chafcun fept tefles diuerfes. l’y vy quatorze Phœnix. Fauois leu en diuers autheurs qu’il n’en eftoit qu’vn, en tout le monde, pour vn aage : mais félon mon petit iuge- ment, ceux qui en ont efcrit n’en veirent onques ailleurs, qu’au pays de tapifTerie : voire fuft-ce Lac- tance Firmian. l’y vy la peau de l’Afne d’or d’A- pulee. l’y vy trois cens & neuf Pélicans. Six mille & feize oifeaux Seleucides, marchans en ordonnance, & deuorans les fauterelles parmy les bleds : des Cy- namolges, des Argathiles, des Caprimulges, des Thynnuncules, des Crotenotaires, voire, dis-ie, des Onocrotales auec leur grand gofier : des Stympha- lides harpies, Panthères, Dorcades, Cemades, Cy- nocéphales, Satyres, Cartaibnnes, Tarandes, Vres, Monopes, Pephages, Cèpes, Neares, Stères, Cerco- piteques, Bifons, Mufimones, Bytures, Ophyres, Stryges, Gryphes.

l’y vy la my-carefme à cheual : la my-aouft, & la my-mars luy tenoient l’eftaphe : Loups-ga- roux, Centaures, Tygres, Léopards, Hyennes, Cameleopardales, Origes. l’y vy vne Remore, poiflbn petit, nommé Echeneis des Grecs, auprès d’vne grande nauf, laquelle ne fe mouuoit, encores qu’elle eull pleine voile en haute mer : ie croy bien que c’eiloit celle de Periander le tyran, la- quelle vn poiflbn tant petit arreil ; oit contre le vent. Et en ce pays de Satin, non ailleurs, l’auoit veuë Mutianus. Frère lean nous dift, que par les Cours de Parlement, fouloient iadis régner deux fortes de poiffon, lefquels faifoientde tous pourfuyuans, nobles. Roturiers, pauures, riches, grands, petits, pourrir les corps, & enrager les âmes. Les premiers eftoient