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Page:Rabelais marty-laveaux 03.djvu/127

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CHAPITRE XXIX.

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ueu de l’Empereur Tibère, Elephans docles, Mufi- ciens, Philolophes, danfeurs, pauaniers, baladins, & eftoient à table aflis en belle compofuion, beu- uans & mengeans, en filence, comme beaux-peres au refeftouer. Ils ont le mufeau long de deux coudées, & le nommons probofcide, auec lequel ils puifent eau, pour boire, prennent palmes, prunes, toutes fortes de mangeaille, s’en deffendent & offendent comme d’vne main : & au combat iettent les gens haut en l’air, & à la cheute les font creuer de rire. Ils ont ioinftures & articulations es iambes : ceux qui ont efcrit le contraire, n’en veirent iamais qu’en peinture : entre leurs dents ils ont deux grandes cornes, ainfi les appelloit luba, & dit Paufanias ell ; re cornes : non dents : Philoftrate tient que foient dents, non cornes : ce m’eft tout vn, pourueu qu’entendiez que c’eft le vray yuoire, & font longues de trois ou quatre cou- dées, & font en la mandibule fuperieure, non infé- rieure. Si croyez ceux qui dilent le contraire, vous en trouuerez mal : voire fuil-ce Elian, tiercelet de menterie. Là, non ailleurs, en auoit veu Pline, dan- fans aux fonnettes fus cordes, & funambules : pafTans aufli fus les tables en plain banquet, fans offenfer les beuueurs beuuans.

l’y vy vn Rhinocéros du tout femblable à celuy que Henry Clerberg m’auoit autrefois monltré, & peu difleroit d’vn verrat, qu’autrefois i’auois veu à Limoges : excepté, qu’il auoit vne corne au mufle, longue d’vne coudée, & pointue, de laquelle il ofoit entreprendre contre vn Eléphant en combat, & d’icelle le poignant fous le ventre (qui ell : la plus tendre & Hebile partie de l’Eléphant) le rendoit mort par terre. l’y vy trente deux Vnicornes : c’ell vne belle félonne à merueilles, du tout femblable à vn beau