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Page:Rabelais marty-laveaux 02.djvu/498

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leur bon sens : les Taureaux furieux & forcenez approchans des figuiers saulvaiges dictz Caprifices se apprivoisent, & restent come grappes & immobiles : la furie des Vipères expire par l’attouchement d’un rameau de Fouteau. Attendu aussi qu’en l’isle de Samos avant que le temple de Iuno y feust basty : Euphorion escript avoir veu bestes nommées Neades, à la seule voix des quelles la terre fondoit en chasmates & en abysme. Attendu pareillement que le Suzeau croist plus canore & plus apte au ieu des flustes en pays on quel le chant des Coqs ne seront ouy : ainsi qu’ont escript les anciens sages, scelon le rapport de Theophraste, comme si le chant des Coqs hebetast, amolist & estonnast la matière & le boys du Suzeau : au quel chant pareillement ouy le Lion animant de si grande force & constance devient tout estonné, & consterné. Ie sçay que aultres ont ceste sentence entendu du Suzeau saulvaige, provenent en lieux tant esloignez de villes & villages, que le chant des Coqs n’y pourroit estre ouy. Icelluy sans doubte doibt pour flustes & aultres instrumens de Musicque estre esleu, & preferé au domesticque, lequel provient au tour des chevaulx & masures. Aultres l’ont entendu plus haultement non scelon la letre, mais allegoricquement scelon l’usaige des Pithagoriens. Comme quand il a esté dict que la statue de Mercure ne doibt estre faicte de tous boys indiferentement, ilz l’exposent que Dieu ne doibt estre adoré en façon vulgaire, mais en façon esleue & religieuse : pareillement en ceste sentence nous enseignent que les gens saiges & studieux ne se doibvent adonner à la Musique triviale & vulguaire, mais à la celeste, divine, angelique, plus absconse & de plus loing apportée : sçavoir est