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Page:Rabelais marty-laveaux 02.djvu/360

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Comment la tempeste finie Panurge faict le bon compaignon.

Chapitre XXIII.



Ha, ha (s’escria Panurge) tout va bien. L’oraige est passée. Ie vous prie de grace, que ie descende le premier. Ie vouldrois fort aller un peu à mes affaires. Vous ayderay ie encores là ? Baillez que ie vrilonne ceste chorde. I’ay du couraige prou, voyre. De paour bien peu. Baillez ça mon amy. Non, non pas maile de craincte. Vray est que ceste vague décumane, laquelle donna de prore en pouppe, m’a un peu l’artère alteré. Voile bas. c’est bien dict. Comment vous ne faictez rien, frère Ian ? Est il bien temps de boire à ceste heure. Que sçavons nous si l’estaffier de sainct Martin nous brasse encores quelque nouvelle oraige. Vous iray ie encores ayder delà ? Vertus guoy ie me repens bien, mais c’est à tard, que n’ay suivy la doctrine des bons Philosophes, qui disent soy pourmener près la mer & naviger près la terre, estre chose moult sceure & delectable : comme aller à pied, quand l’on tient son cheval par la bride. Ha, ha, ha, par Dieu tout va bien. Vous ayderay ie encores là ? Baillez ça, ie feray bien cela. Ou le Diable y sera.