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Page:Rabelais marty-laveaux 02.djvu/333

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chapitre xv.


tous les membres superieurs à grands coups de bobelins, sans nous donner telz morderegrippipiotabirofreluchamburelurecoquelurintimpanemens sus les gresves à belles poinctes de houzeaulx. Appellez vous cela ieu de ieunesse ? Par Dieu, ieu n’est ce. Le Records ioignant les mains sembloit luy en requerir pardon, marmonnant de la langue, mon, mon, mon, vrelon, von, von : comme un Marmot.

La nouvelle mariée pleurante rioyt, riante pleuroyt, de ce que Chiquanous ne s’estoit contenté la daubbant sans choys ne election des membres : mais l’avoir lourdement deschevelée d’abondant luy avoit trepignemanpenillorifrizonoufressuré les parties honteuses en trahison.

Le diable (dist Basché) y ayt part. Il estoit bien necessaire, que monsieur le Roy (ainsi se nomment Chiquanous) me daubbast ainsi ma bonne femme d’eschine. Ie ne luy en veulx mal toutesfoys. Ce sont petites charesses nuptiales. Mais ie apperçoy clerement qu’il m’a cité en Ange, & daubbé en Diable. Il tient ie ne sçay quoy du frère Frappart. Ie boy à luy de bien bon cœur, & à vous aussi messieurs les Records.

Mais disoit sa femme, à quel propous, & sus quelle querelle, m’a il tant & trestant festoyée à grands coups de poing ? Le Diantre l’emport, si ie le veulx. Ie ne le veulx pourtant pas, ma Dia. Mais ie diray cela de luy, qu’il a les plus dures oinces, qu’oncques ie senty sus mes espaulles.

Le maistre d’hostel tenoit son braz guausche en escharpe, comme tout morquaquoquassé : le Diable, dist il, me feist bien assister à ces nopces. I’en ay, par la vertus Dieu, tous les braz enguoulevezinemassez. Appellez vous cecy fiansailles. Ie les appelle fiantailles de merde. C’est, par Dieu, le naïf bancquet des Lapithes, descript par le philosophe Samosatoys.