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Page:Rabelais marty-laveaux 02.djvu/300

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Continuation du marché entre Panurge & Dindenault.

Chapitre VII.



Mon amy (respondit le marchant) nostre voisin ce n’est viande, que pour Roys & Princes. La chair en est tant delicate, tant savoureuse, & tant friande que c’est basme. Ie les ameine d’un pays, on quel les pourceaulx (Dieu soit avecques nous) ne mangent que Myrobalans. Les truyes en leur gesine (saulve l’honneur de toute la compaignie) ne sont nourriez que de fleurs d’orangiers.

Mais (dist Panurge) vendez m’en un, & ie vous le payeray en Roy, foy de pieton. Combien ?

Nostre amy (respondit le marchant) mon voisin, ce sont moutons extraictz de la propre race de celluy qui porta Phrixus & Hellé, par la mer dicte Hellesponte.

Cancre (dist Panurge) vous estez clericus vel adiscens.

Ita, sont choux (respondit le marchant) vere ce sont pourreaux. Mais rr. rrr. rrrr. Ho Robin rrrrrrrr. Vous n’entendez ce languaige. A propous. Par tous les champs es quelz ilz pissent, le bled y provient comme si Dieu y eust pissé. Il n’y fault aultre marne, ne fumier. Plus y a. De leur