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Page:Rabelais marty-laveaux 02.djvu/263

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prologve.

en ceste paction, que medicin reputé ne feust, si malade avoit esté depuys le temps qu’il commença practiquer en l’art, iusques à sa dernière vieillesse. A laquelle entier il parvint & viguoureux en tous ses membres & de Fortune triumphant. Finablement sans maladie aulcune præcedente feist de vie à mort eschange, tombant par male guarde du hault de certains degrez mal emmortaisez & pourriz.

Si par quelques desastre s’est santé de vos seigneuries emancipée : quelque part, dessus dessoubz, davant darrière, à dextre à senestre, dedans dehors, loing ou près vos territoires qu’elle soit, la puissiez vous incontinent avecques l’ayde du benoist Servateur rencontrer. En bonne heure de vous rencontrée, sus l’instant soit par vous asserée, soit par vous vendiquée, soit par vous saisie & mancipée. Les loigs vous le permettent : le Roy l’entend : ie vous le conseille. Ne plus ne moins que les Legislateurs antiques authorisoient le seigneur vendiquer son serf fugitif, la part qu’il seroit trouvé. Ly bon Dieu, & ly bons homs, n’est il escript & practiqué par les anciennes coustumes de ce tant noble, tant antique, tant beau, tant florissant, tant riche royaulme de France, que le mort saisit le vif ? Voiez ce qu’en a recentement exposé le bon, le docte, le saige, le tant humain, tant debonnaire, & equitable And. Tiraqueau, conseillier du grand, victorieux, & triumphant roy Henry second de ce nom, en sa tresredoubtée court de parlement à Paris. Santé est nostre vie, comme tresbien declare Ariphron Sicyonien. Sans santé n’est vie la vie, n’est la vie vivable, ΑΒΙΟΣ ΒΙΟΣ, ΒΙΟΣ ΑΒΙΩΤΟΣ. Sans santé n’est la vie que langueur : la vie n’est que simulachre de mort. Ainsi doncques vous estans de