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Page:Rabelais marty-laveaux 02.djvu/262

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prologve.


suys, moienant un peu de Pantagruelisme (vous entendez que c’est certaine gayeté d’esprit conficte en mespris des choses fortuites) sain & degourt : prest à boire, si voulez. Me demandez vous pourquoy, Gens de bien ? Response irrefragable. Tel est le vouloir du tresbon tresgrand Dieu : on quel ie acquiesce : au quel ie obtempère : duquel ie revère la sacrosaincte parolle de bonnes nouvelles, c’est l’Evangile, on quel est dict Luc. 4 en horrible sarcasme & sanglante derision au medicin negligent de sa propre santé. Medicin O, gueriz toymesmes.

Cl. Gal. non pour telle reverence en santé soy maintenoit, quoy que quelque sentiment il eust des sacres bibles : & eust congneu & frequenté les saincts Christians de son temps, comme appert lib. II de usu partium, lib. 2 de differentiis pulsuum cap. 3 & ibidem lib. 3. cap. 2 & lib. de rerum affectibus (s’il est de Galen) mais par craincte de tomber en ceste vulgaire & Satyrique mocquerie Ἰητρὸς ἄλλων αὐτός ἕλκεσι βρύων.

Medicin est des aultres en effect :
Toutesfois est d’ulcères tout infect.

De mode qu’en grande braveté il se vente, & ne veult estre medicin estimé, si depuys l’an de son aage vingt & huictième iusques en sa haulte vieillesse il n’a vescu en santé entière, exceptez quelques fiebvres Ephemères de peu de durée : combien que de son naturel il ne feust des plus sains, & eust l’estomach evidentement dyscrasié. Car (dict il libr. 5. de sanit. tuenda ) difficilement sera creu le medicin avoir soing de la santé d’aultruy, qui de la sienne propre est negligent. Encores plus bravement se vantoit Asclepiades medicin avoir avecques Fortune convenu