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le tiers livre.


continent possedé, les humains soullageant des monstres, oppressions, exactions, & tyrannies : en bon traictement les gouvernant : en æquité & iustice les maintenant : en benigne police & loix convenentes à l’assieté des contrées les instituent : suppliant à ce que defailloit : ce que abondoit avallant : & pardonnant tout le passé, avecques oubliance sempiternelle de toutes offenses præcedentes, comme estoit la Amnestie des Atheniens, lors que feurent par la prouesse & industrie de Thrasybulus les tyrans exterminez : depuys en Rome exposée par Ciceron, & renouvellée soubs l’empereur Aurelian.

Ce sont les philtres, Iynges, & attraictz d’amour, moienans lequelz pacificquement on retient, ce que peniblement on avoit conquesté. Et plus en heur ne peut le conquerant regner, soit roy, soit prince ou philosophe, que faisant Iustice à Vertus succeder. Sa Vertu est apparue en la victoire & conqueste : sa iustice apparoistra en ce que par la volunté & bonne affection du peuple donnera loix : publiera edictz, establira religions, fera droict à un chascun : comme de Octavian Auguste dict le noble poëte Maro.

Il estoit victeur, par le vouloir
Des gens vaincuz, faisoit les loix valoir.

C’est pourquoy Homère en son Iliade, les bons princes & grands Roys appelle κοσμήτορας λαῶν, c’est à dire : ornateurs de peuples. Telle estoit la consideration de Numa Pompilus, Roy fecond des Romains iuste, politic, & philosophe, quand il ordonna au Dieu Terme, le iour de sa feste, qu’on nommoit Terminales, rien n’estre sacrifié, qui eust prins mort : nous enseignant, que les termes, frontières, & annexes