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Page:Rabelais marty-laveaux 02.djvu/212

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le tiers livre.

Comment Pantagruel excuse Bridoye sus les iugemens faictz au sort des dez.

Chapitre XLIII.


A tant se teut Bridoye. Trinquanielle luy commenda issir hors la chambre du parquet. Ce que feut faict. Allors dist à Pantagruel. Raison veult, Prince tresauguste, non par l’obligation seulement, en laquelle vous tenez par infinis biensfaictz cestuy parlement, & tout le marquisat de Myrelingues : mais aussi par le bon sens, discret iugement, & admirable doctrine, que le grand Dieu dateur de tous biens a en vous posé, que vous præsentons la decision de ceste matiere tant nouuelle, tant paradoxe, & extrange de Bridoye, qui vous præsent, voyant, & entendent, a confessé iuger au sort des dez. Si vous prions que en veueillez sententier comme vous semblera iuridicque & æquitable.

A ce respondit Pantagruel. Messieurs, mon estat n’est en profession de decider procés, comme bien sçauez. Mais puys que vous plaist me faire tant d’honneur, en lieu de faire office de luge, ie tiendray lieu de Suppliant. En Bridoye ie recongnois plusieurs qualitez, par les quelles me sembleroit pardon du