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Page:Rabelais marty-laveaux 02.djvu/150

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le tiers livre.


passions, songea qu’il parloit au diable & qu’il luy comptoit ses doléances. Le diable le reconfortoit, & luy mist vn anneau on maistre doigt, disant. Ie te donne cestuy anneau : tandis que l’auras on doigt ta femme ne sera d’aultruy charnellement congneue sans ton sceu & consentement. Grand mercy (dist Hans Carüel) monsieur le diable. Ie renye Mahon, si iamais on me l’oste du doigt. Le diable disparut : Hans Carüel tout ioyeulx s’esueigla, & trouua qu’il auoit le doigt on comment a nom ? de sa femme. Ie oubliois à compter comment sa femme le sentent, reculloit le cul arrière, comme disant ouy nenny, ce n’est ce qu’il y fault mettre : & lors sembloit à Hans Carüel qu’on luy voulust desrobber son anneau. N’est ce remède infallible ? A cestuy exemple faiz, si me croys, que continuellement tu ayez l’anneau de ta femme on doigt. Icy feut fin & du propous & du chemin.