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Page:Rabelais marty-laveaux 02.djvu/113

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Comment Panurge prend conseil d’un vieil Poete François nommé Raminagrobis.

Chapitre XXI.



Ie ne pensoys (dist Pantagruel) iamais rencontrer homme tant obstiné à ses apprehensions comme ie vous voy. Pour toutesfoys vostre doubte esclarcir, suys d’advis que mouvons toute pierre. Entendez ma conception. Les cycnes, qui sont oyseaulx sacrez à Apollo, ne chantent iamais, si non quand ilz approchent de leur mort : mesmement en Meander fleuve de Phrygie (ie le diz pource que Ælianus, & Alexander Myndius escrivent en avoir ailleurs veu plusieurs mourir, mais nul chanter en mourant) de mode que chant de Cycne est præsaige certain de sa mort prochaine, & ne meurt que præalablement n’ayt chanté. Semblablement les poëtes qui sont en protection de Apollo, approchans de leur mort ordinairement deviennent prophètes, & chantent par Apolline inspiration vaticinans des choses futures.

I’ay d’adventaige ouy dire que tout homme vieulx, decrepit, & près de sa fin, facilement divine des cas advenir. Et me souvient que