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Page:Rabelais marty-laveaux 01.djvu/403

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mais que les femmes en avoient troys quartiers en la teste ; et mille aultres petites joyeusetez toutes véritables. Ce sont belles besoignes.

Bonsoir, Messieurs. Pardonnante my, et ne pensez tant à mes faultes que ne pensiez bien es vostres.

Si vous me dictes : " Maistre, il sembleroit que ne feussiez grandement saige de nous escrire ces balivernes et plaisantes mocquettes, " je vous responds que vous ne l'estes gueres plus de vous amuser àles lire. Toutesfoys, sy pour passe temps joyeulx les lisez comme passant temps les escripvoys, vous et moy sommes plus dignes de pardon q'un grand tas de sarrabovittes, cagotz, escargotz, hypocrites, caffars, frappars, botineurs, et aultres telles sectes de gens, qui se sont desguisez comme masques pour tromper le monde.

Car, donnans entendre au populaire commun qu'ilz ne sont occupez sinon à contemplation et devotion, en jeusnes et maceration de la sensualité, sinon vrayement pour sustenter et alimenter la petite fragilité de leur humanité, au contraire font chiere, Dieu sçait quelle,

Et Curios simulant, sed bacchanalia vivunt.

Quant est de leur estude, elle est toute consummée à la lecture de livres Pantagruelicques, non tant pour passer temps joyeusement que pour nuyre à quelc'un meschantement, sçavoir est articulant, monorticulant, torticulant, culletant, couilletant et diabliculant, c'est à dire callumniant. Ce que faisans, semblent es coquins de village qui fougent et echarbottent la merde des petitz enfans, en la saison des cerises et guignes, pour trouver les noyaulx et iceulx vendre