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Page:Rabelais marty-laveaux 01.djvu/210

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mur y a et davant et derriere, y a force murmur, envie et conspiration mutue. »

Davantaige, veu que en certains conventz de ce monde est en usance que, si femme aulcune y entre (j’entends des preudes et pudicques), on nettoye la place par laquelle elles ont passé, feut ordonné que, si religieux ou religieuse y entroit par cas fortuit, on nettoiroit curieusement tous les lieulx par lesquelz auroient passé. Et parce que es religions de ce monde tout est compassé, limité et reiglé par heures, feut decreté que là ne seroit horrologe ny quadrant aulcun, mais selon les occasions et oportunitez seroient toutes les œuvres dispensées ; car (disoit Gargantua) la plus vraye perte du temps qu’il sceust estoit de compter les heures — quel bien en vient il ? — et la plus grande resverie du monde estoit soy gouverner au son d’une cloche, et non au dicté de bon sens et entendement. Item, parce qu’en icelluy temps on ne mettoit en religion des femmes sinon celles que estoient borgnes, boyteuses, bossues, laydes, defaictes, folles, insensées, maleficiées et tarées, ny les hommes, sinon catarrez, mal nez, niays et empesche de maison…

«  À propos (dist le moyne), une femme, qui n’est ny belle ny bonne, à quoy vault toille ?

— À mettre en religion, dist Gargantua.

— Voyre (dist le moyne), et à faire des chemises. »

Feut ordonné que là ne seroient repceues sinon les belles, bien formées et bien naturées, et les beaulx, bien formez et bien naturez.

Item, parce que es conventz des femmes ne entroient les hommes sinon à l’emblée et clandestinement, feut decreté que jà ne seroient là les femmes au cas que n’y feussent les hommes, ny les hommes en cas que n’y feussent les femmes,