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autres sont mutilés, et leurs mutilations sont irréparables.

Peut-être jugerez-vous, Messieurs, qu’il n’y a pas eu de supplice assez, cruel pour punir cet excès de barbarie. Vous croyez peut-être que la mort a délivré la terre du monstre ? — Non ; il vit ; il est libre, il respire peut-être l’air pur de la France ! — On lui a défendu de posséder des esclaves ; on l’a banni du lieu de son crime, comme s’il ne valait pas mieux peut-être le clouer aux lieux où les remords sont plus déchirans, plus pénétrans, parce que tous les objets en acèrent la pointe ; comme s’il était permis d’exporter dans un autre pays un tigre aussi dangereux ; enfin, on le condamne en 10,000 liv. d’amende envers le roi. — Et les martyrs de ses cruautés, et la famille infortunée de celui qu’il a immolé, n’ont pas même une indemnité !

Oh ! qui peut considérer paisiblement cette iniquité monstrueuse, ce concert entre la justice et les tyrans ? — Eh ! comment ne voit-on pas que les atrocités se multiplient, lorsque la justice, loin de les punir, ou ferme complaisamment les yeux, ou ne les punit que légèrement ? —

On nous dit que les juges sont fondés, qu’ils ont prononcé conformément au code : Hé bien,