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reusé de ma griffe votre noir abîme ; laissez-moi encore me coucher à vos pieds.



L’Eternité.

Va-t’en comme eux. J’ai déjà jeté dans l’abîme mon serpent qui se mord la queue de désespoir.



Le Néant.

Au moins, moi, vous me garderez ; je tiens peu de place.



L’Eternité.

Mais tu fais trop de bruit. Ni être, ni néant ; je ne veux plus que moi.



Le Néant.

Qui donc vous gardera dans votre désert ?



L’Eternité.

Moi !



Le Néant.

Et, si ce n’est moi, qui portera à votre place votre couronne ?



L’Eternité.

Moi !



Ici finit le mystère d’Ahasvérus.

Priez pour celui qui l’écrivit.