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Page:Quinet - Œuvres complètes, Tome VIII, 1858.djvu/383

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sur ce banc de pierre que j’ai dépassé et vers lequel je ne puis plus redescendre.



Joel.

Sur ce banc de pierre ? C’est notre père Nathan qui dort. Tous les cent ans, il se réveille une fois pour demander où vous êtes ; puis il referme les yeux, et il appuie la tête sur son coude.

Les anges du jugement n’ont pas pu le réveiller.

Mais regardez, voici qu’il va lever la tête.



Nathan, en secouant la tête.

Ahasvérus est-il venu ?



Rome.

Vieillard, rendors-toi ; pourquoi l’as-tu envoyé ce matin au Calvaire ?



Nathan.

Ahasvérus est-il venu ? Dites-moi où il est.



Athènes.

Vieillard, êtes-vous fou ? Pourquoi ne l’avez-vous pas mieux gardé dans votre maison ?



Nathan.

Et vous, savez-vous quand il viendra ?



Peuples Du Moyen âge.

Vieil aveugle, lève-toi, si tu veux ; tu vas le voir juger.



Ahasvérus, à Rachel.

Nous avons dépassé tous les morts ; il ne nous reste que la montagne nue à gravir. Ah ! Que leur voix était dure à écouter ! Reste avec eux. Ils ne te connaissent pas ; tu trouveras quelque reste de mur pour te cacher.



Rachel.

Oui, c’est sous ton manteau que je veux me cacher.



Ahasvérus.

On voit encore d’ici leurs yeux qui nous maudissent.



Rachel.