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Page:Quinet - Œuvres complètes, Tome VIII, 1858.djvu/382

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Plus loin ! Plus loin ! Ne touche pas mon marbre.



Le Sentier.

Marche ailleurs que sur ma trace.



La Montagne.

Si j’étais ton seigneur, Ahasvérus, je te ferais ton calvaire au sommet de tous mes mondes, pour que tu eusses plus longtemps à gravir.



Les Forêts.

Et moi, pour ta croix à porter, je choisirais dans un bois du Carmel tous les cèdres les plus lourds que je pourrais trouver.



Les Fleuves.

Et moi, je changerais, pour te donner à boire, tous mes flots en hysope.



Mob, à Ahasvérus.

Laissez-les dire ; je vous suis. Ils vous envient ma compagnie. Voyez ici, dans la foule, vos vieux parents qui vous regardent, et vos frères qui vous parlent. écoutez.



Joel, frère d’Ahasvérus.

O mon frère ! D’où venez-vous ? Sans tribu, tout seul, après les morts ? Oh ! Que votre barbe est longue et que vos sandales sont usées ! Une femme vous suit, comme un esprit suit pas à pas chaque homme dans sa vie. Qu’avez-vous fait ? La forêt du Carmel était grande et touffue ; est-ce là que vous vous êtes perdu ? La grotte du Calvaire était sombre, le roc était taillé pour le sépulcre de Jésus ; est-ce là que vous vous êtes endormi dans votre rêve ? Nous n’avons rien rapporté de notre vie que nos cruches du désert. Prenez et buvez pour vous donner courage.



Ahasvérus.

Merci, mes frères. Dites-moi ; quel est ce vieillard endormi