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Page:Quinet - Œuvres complètes, Tome VIII, 1858.djvu/374

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Sous le vent et la tempête, dans la bruyère et
" sous les ronces, nous allons cherchant notre
" Dieu que nous avons perdu. Il n’était pas dans
" la vie ; fouillons tous les recoins de la mort.

" (au Père éternel.) Holà ! Vieillard, qui
" nous regardes du haut de ta muraille, que
" fais-tu là ? Ne vois-tu pas que nos pieds sont
" meurtris, et que nos lèvres se dessèchent
" sous notre souffle ? Dis-nous donc, si tu le
" sais, par quel chemin notre Dieu a passé. "



Le Père éternel.

Jusqu’au bout, sans détourner la tête, poursuivez votre route qui descend dans l’abîme ; quand vous serez au fond, vous trouverez un sentier que j’ai fait pour remonter vers lui.



Les Peuples.

Adieu, vieillard ! Bon sommeil ! La nuit s’entasse ; nous ne voyons plus que ta barbe, qui blanchit sur ton sein, comme un torrent des Alpes.



Le Père éternel.

Marche, marche !



Les Peuples.

à présent, nous ne voyons plus que la ceinture de ta robe, qui brille autour de toi, comme un fleuve de lave autour des reins de la montagne.



Le Père éternel.

Marche, marche !



Les Peuples.

à présent, nous ne voyons plus que l’écriteau de ta croix qui flamboie dans tes mains, comme une châsse d’étoiles dans la nuit. Oh ! Lève-la sur nous.



Le Père éternel.

Marche, marche !



Les Peuples.

à