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Page:Quinet - Œuvres complètes, Tome VII, 1857.djvu/308

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S’endormait et rêvait. Les fleurs de la vallée
Enviaient sa blancheur sur sa tige étoilée.
L’oiseau qui s’éveillait trouvait son toit béni,
Et le ver sa pâture, et l’insecte son nid !



XLVII. LA PRIÈRE

 
Grand Dieu ! Tu l’as voulu ! Ta volonté soit faite !
Tu possèdes l’abîme aussi bien que le faîte,
Et tu le peux creuser sans en trouver le fond !
Ta providence est sainte, et ton œil est profond.
Tes desseins sont à toi ; ta sagesse mesure
        L’huile et le baume et la blessure.
Quand un état se brise en ta puissante main,
Tu sais de quelle argile, avant le lendemain,
Tu le veux repétrir. Prends pitié des ténèbres
Où nos jours sont tombés. Luis dans nos cieux funèbres.
Puisque ton bras nous frappe en notre souvenir,
        Rends-nous en don tout l’avenir ;
Grand Dieu ! Nous te prions pour ce pays de gloire
Que l’on appelait France, avant que ta victoire
L’eût séchée en sa source. à la place des morts
Veille sur sa frontière et sur ses châteaux forts,
Sur ses champs, sur ses monts, sur ses vides murailles
        Et sur ses vastes funérailles.
Et puis fais-la surgir des ombres du tombeau
Plus belle après sa mort. Pour un monde nouveau