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Page:Quinet - Œuvres complètes, Tome VII, 1857.djvu/305

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Il faut demain, qu’avec sa cendre,
Et ses projets et son cercueil,
Un peuple entier puisse y descendre
Et s’y coucher dans son orgueil.
" Oui, bons ouvriers de l’abîme,
Travaillez bien jusqu’à demain.
Le maître vous voit de sa cime,
Et vous fait signe de la main.
Creusez, creusez encor la tombe ;
Il faut qu’avec son souvenir,
Et son empire qui succombe,
Un empereur puisse y tenir. "

Et tous les cœurs étaient de flamme ;
Et tous les bras étaient d’airain ;
Et tous les drapeaux, comme une âme,
Se gonflaient d’orgueil le matin ;
Et dans la ferme crénelée,
Ainsi qu’un troupeau mugissant,
Le glaive abritait la mêlée ;
Et les blessés buvaient leur sang.
Ah ! C’est toi qui l’emportes, France ;
L’éternel a compté les morts,
Et vers toi penche la balance.
Ton bras est lourd ; tes fils sont forts.
Aux cris de la trompette ailée,
Tes escadrons ont, comme un flot,
Comblé le lit de la vallée.
Réjouis-toi de Waterloo !
Mille voix ont crié : victoire !
France adorée, avant la nuit,