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Page:Quinet - Œuvres complètes, Tome VII, 1857.djvu/288

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Celui qui dans son gîte a de cent nations,
Pour vêtir sa vieillesse, emporté les toisons ;
Oui, le chasseur divin, qui pend par leur grande aile
Les siècles mutilés à sa porte éternelle.
Ah ! De Fontainebleau, quand la forêt frémit,
Est-ce un cerf aux abois, est-ce un daim qui gémit ?

Non, ce n’est pas un cerf, un daim aux pieds d’ivoire ;
C’est un puissant empire, en son gîte de gloire,
Un empire au front d’or que l’épieu du chasseur
Avec sa meute ardente a blessé jusqu’au cœur.
Écoutez ! La forêt tremble sous son feuillage ;
Le chêne des combats a perdu son ombrage.
De tant d’états brisés sous la main du seigneur,
Rien ne reste qu’un homme (où donc est l’empereur ?),
Un homme pâle, chauve, au jour de la tempête
N’ayant rien que son nom pour abriter sa tête.
Où donc est l’empereur ? Le maître des humains,
Le plus grand roi des rois, et sacré par nos mains ?
Quand son palais est vide et sa porte fermée,
Il ne reste qu’un homme avec sa renommée ;
Vieux laboureur sans soc, moissonneur sans fléau,
Napoléon de Corse ! Un mortel ! Un roseau !
Ouvrier sans salaire, au bout de sa journée,
Qui, sous un triple gond a clos sa destinée,
Il a dit sur son seuil : adieu tous mes combats !
Adieu ! Bruyants clairons ! Drapeaux ! Aigles ! Soldats !
Adieu ! Tout est fini. Je n’ai plus de royaume.
Demain, vous parlerez de mon nom sous le chaume