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Page:Quinet - Œuvres complètes, Tome VII, 1857.djvu/204

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Et sa barbe se roule au cou de son cheval
Comme un flocon de neige aux longs crins du mistral.



XIV. LE CHAMELIER

 
Le soir le chamelier, en menant sa chamelle,
Chante son chant de nuit, quand le ciel étincelle.
" Allah ! Voici la nuit. Là-bas comme un sultan
Le minaret se lève aux échos du tam-tam.
Allah ! Voici le jour ! Le désert se réveille
Et demande au lion si le pacha sommeille.
Arabes, mamelouks, allons, suivez mon chant ;
Plus vite il faut courir que la grêle en un champ.
Dans le crâne des francs vous trouverez à boire.
Pour vous désennuyer, je sais plus d’une histoire.
Laquelle voulez-vous ? -Une histoire de sang,
D’une tête coupée et d’un sabre de franc.
—Donc de Bounaberdi, le lion sans crinière,
Écoutez la merveille, et cherchez sa tanière,
Lions de Barbarie ! Il est né sur un roc,
Dans une île enchantée où passe le siroc.
Son ombre fait mourir, et sitôt qu’il se lève,
La vague d’Aboukir sanglote sur sa grève.
Oui, de Bounaberdi, du sultan sans turban,
Écoute le miracle, arabe du Liban !
Ses femmes au harem sont quarante batailles
Qui le suivent partout avec leurs funérailles ;