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Page:Quatremère de Quincy - Considérations morales sur la destination des ouvrages de l’art, 1815.djvu/76

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destination primitive, ont perdu aussi un grand nombre des moyens qu’elles avaient de faire impression, et par conséquent une portion considérable de leur beauté relative.

Il y a sans doute, et dans la nature, et surtout dans les ouvrages de l’Art, une sorte de beau absolu ; c’est celui des proportions, par exemple, ou des meilleurs rapports que les formes ont entre elles ; c’est encore celui de cette vérité comparative que la théorie démontre, que les méthodes expliquent, et que l’esprit conçoit. Mais, je l’ai déjà dit, ce n’est pas de ce beau théorique que j’entends parler ; celui-là ne produit point de passions, ne fait point d’enthousiastes, n’enflamme point les cœurs. Celui dont je parle procédait, dans ces belles statues, de la propriété qu’elles avaient de faire croire à l’existence des êtres dont elles représentaient les images. Celui dont je parle s’accroissait dans l’imagination, de toutes les affections sympathiques relatives à ces images. Il avait son principe dans le cœur de l’artiste, et son empire dans la foi du spectateur ; et l’un et l’autre se renforçaient de toutes les illusions de la croyance religieuse.

Illusions ? me dites-vous.

Et qu’importe, je vous réponds, si l’artiste leur