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Page:Quatremère de Quincy - Considérations morales sur la destination des ouvrages de l’art, 1815.djvu/65

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Tel doit être l’effet des séminaires de l’Art. Que si leurs produits devaient être regardés comme ces plantes exotiques et curieuses qu’on n’ose livrer aux influences de l’air, certes, le soin qu’il en faudrait prendre serait la meilleure de toutes les raisons pour n’en prendre aucun.

Mais loin de nous cette pensée ; s’ils sont destinés à exciter d’heureuses idées, à rappeler de touchants souvenirs, à consacrer d’importantes opinions, à perpétuer, à propager de nobles sentimens et de hautes affections, la société et la philosophie en proclament l’utilité, en réclament le libre et public usage. Aux yeux du vrai philosophe, les Arts sont les historiens populaires d’un grand nombre de faits, d’opinions, de traditions, qui composent l’existence morale des nations. L’influence des monumens sur l’esprit, sur la mémoire, sur l’entendement, procède souvent moins de leur perfection même, que de leur ancienneté, que de l’authenticité de leur emploi, que de leur publicité. Ces livres originaux, toujours ouverts à la curiosité publique, portent leur instruction au-dehors, et la communiquent sans réserve au sentiment qui les consulte sans effort.

C’est donc détruire ce genre d’instruction, que d’en soustraire les élémens au public, que d’en