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Page:Quatremère de Quincy - Considérations morales sur la destination des ouvrages de l’art, 1815.djvu/121

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nèrent la vie ! Un zèle officieux dut les leur ravir pour nous les conserver[1]. L’honneur de votre pinceau n’a plus à craindre des outrages du temps ; un Art réparateur, en le rappelant à son premier éclat, a rajeuni vos teintes et fait revivre vos couleurs. Mais quel prestige pourrait redonner à vos tableaux cette atmosphère mystérieuse les environnait, cette influence harmonieuse du recueillement et de l’air religieux qu’ils respiraient ? Comment leur rendre ce concert de silence, cet accompagnement de solitude, au milieu du désert de la pénitence ?

Près de là (on s’en souvient) s’élevait un autre monument de la piété religieuse[2], port toujours ouvert à l’innocence contre les orages du monde, refuge toujours hospitalier, où la religion tendait une main secourable à ces victimes des séductions humaines, échappées enfin aux écueils des passions.

C’est là qu’on vit l’illustre et trop sensible amante du plus grand de nos rois, abjurant l’erreur qui fut le charme de sa vie, détestant l’amour qu’elle idolâtrait, résigner au pied des autels un cœur

  1. Ces tableaux furent enlevés du cloitre des Charteux et remis sur toile.
  2. Le couvent des Carmélites.