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qui, sans intérêt dans aucune entreprise, spécule, comme on l’a dit, à la hausse et à la baisse. Pour celui-là, commandite, crédit public, dividende, intérêt ne sont absolument rien : l’oiseau de proie ne chasse pas les mouches. Ce qu’il cherche, ce sont des entreprises, des coups de Bourse, des râfles comme à la roulette, des razzias comme sur les Kabyles. C’est là surtout, c’est dans cet abus de la mobilisation des capitaux, dans cette dénaturation de la commandite, qu’est le danger ; danger certes plus sérieux, pour la fortune du pays et la moralité publique, que l’envahissement par les courtiers marrons des fonctions d’agents de change.




CHAPITRE V.


Opérations de la Bourse. — Différentes sortes de marchés. — Combinaisons auxquelles ils donnent lieu.


De tout ce qui précède, il résulte :

Que les opérations auxquelles donnent lieu les effets cotés à la Bourse, indépendamment de leur caractère plus ou moins prononcé d’utilité publique et de moralité, sont de deux sortes : les placements de fonds et la spéculation ; en d’autres termes, la commandite, ou prestation des capitaux, et leur mouvement.

Si nous n’avions à parler que des placements, nous le ferions en deux lignes. Quoi de plus simple que la vente et l’achat ? La négociation des titres ne se fait pas autrement que celle des marchandises. Les agents de change sont les notaires du contrat ; ils donnent l’authenticité aux conventions.

Le législateur reconnaît les marchés au comptant et les marchés à terme, mais avec force restrictions pour ces derniers, qu’on a même essayé de prohiber d’une manière absolue.

La loi du 28 vendémiaire an IV dit en effet :