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Peter McLeod

réveillé et lui avaient demandé de les cacher dans le bois pour quelques jours. Ils lui avaient donné de l’argent pour leur acheter du pain qu’il devait lui-même aller leur porter dans leur cachette… De fait, le matin, il avait chargé son garçon, P’tit Louis, d’aller acheter des pains chez Caillotte, et P’tit Louis était allé porter cette mangeaille aux matelots dont, sans remords, il dévoila la cachette dans un épais fourré de sapineux, en arrière du Trou-de-la-Moutonne… Le garçon n’était même pas encore revenu… Voilà…

« C’est bien, Jacquot, t’as été bien inspiré de nous dire tout ça… On ira voir tes matelots ce soir, mais je t’avertis de ne pas leur donner l’alarme… autrement !… il pourrait se faire que je te fasse passer le goût du pain… »

Dans l’après-midi, Peter McLeod se rendit à la Rivière-du-Moulin où étaient campés les sauvages et il choisit parmi eux vingt-cinq des plus costauds en leur disant qu’il en aurait besoin pour le soir.

Effectivement, à la brunante, Peter McLeod, accompagné de Fred Dufour, du capitaine Watson et suivi de ses sauvages, se dirigea vers le Trou-de-la-Moutonne. En passant chez Jacquot Lavoie, il avait pris P’tit Louis pour les guider vers la cachette.

Les matelots ronflaient comme des soufflets de forge au pied des sapins touffus quand Peter McLeod et sa « gang » arrivèrent près d’eux. Le réveil de ces malheureux ne fut pas tout à fait dépourvu d’émotions, surtout chez le pauvre bougre que le hasard avait placé à la portée du pied que le boss lui porta en plein dans les reins. Il savait réveiller les hommes.