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Peter McLeod

après, alors que les Iroquois étaient occupés à dresser leur campement d’un côté du Rocher, des cris de mort retentirent. Les Iroquois ont été aperçus par les Algonquins qui foncent aussitôt sur eux. Il y eut de part et d’autre des prodiges de valeur. Les Iroquois refoulés d’abord, revinrent à la charge en poussant leur féroce cri de guerre. Un corps à corps suivit. Chaque coup est un coup mortel. Des cadavres jonchent le sol. Un ruisseau de sang mêle ses flots à ceux du lac tout proche. Ce ne sont que prouesses de part et d’autre. Chaque combattant est ivre de carnage. Toutes les ruses des fils des bois sont employées.

Du côté des Algonquins, un homme, jeune encore, d’une vigueur et d’une agilité surprenante, se distingue. Sa coiffure indique un chef. Sa voix domine les cris des combattants. Il est partout à la fois. C’est le Renard Bleu. Il est dégoûtant de sang. Il apparaît comme une incarnation de la mort et les ennemis qui se trouvent devant lui reculent d’épouvante.

Mais du côté des Iroquois, un démon fait aussi des siennes. C’est le Corbeau. Il est d’une stature de géant et d’une force de taureau. Son apparition fait reculer les Algonquins. Il abat tout sur son passage. Il passe et de chaque côté de lui, c’est un andain de corps tordus dans les derniers spasmes d’une atroce agonie…

Le carnage dure depuis des heures. On se tue toujours pendant que le soleil baisse à l’horizon. Jusques là, le combat avait porté au pied du cap, sur une lisière de terrain qui s’étendait entre le Rocher et le lac.