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semblaient n’en faire qu’un — une seule masse. Pour moi, j’avouerai que je préférais voyager dans un de ces trains lents qui ne faisaient que cent milles à l’heure. Là on pouvait avoir des portières vitrées, — même les tenir ouvertes — et arriver à quelque chose qui ressemblait à une vue distincte du pays.... Pundit assure que la route du grand chemin de fer du Canada doit avoir été en partie tracée il y a neuf cents ans ! Il va jusqu’à dire qu’on distingue encore les traces d’une route — traces qui remontent certainement à une époque aussi reculée. Il paraît qu’il n’y avait que deux voies ; la nôtre, vous le savez, en a douze, et trois ou quatre autres sont en préparation. Les anciens rails étaient très minces ; et si rapprochés les uns des autres qu’à en juger d’après nos idées modernes, il ne se pouvait rien de plus frivole, pour ne pas dire de plus dangereux. La largeur actuelle de la voie — cinquante pieds — est même considérée comme offrant à peine une sécurité suffisante. Quant à moi, je ne fais aucun doute qu’il a dû exister quelque espèce de voie à une époque fort ancienne, comme l’affirme Pundit ; car