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sur le papier, et les mots qui doivent former le vrai sens s’écrivent dans les espaces libres laissés par la carte.

Puis on enlève la carte, et l’on remplit les blancs de manière à obtenir un sens tout à fait différent du véritable. Le destinataire, une fois le chiffre reçu, n’a qu’à y appliquer sa propre carte, qui cache les mots superflus, et ne laisse paraître que ceux qui ont du sens. La principale objection à ce genre de cryptographie, c’est la difficulté de remplir les blancs de manière à ne pas donner à la pensée un tour peu naturel. De plus, les différences d’écriture qui existent entre les mots écrits dans les espaces laissés par la carte, et ceux que l’on écrit une fois la carte enlevée, ne peuvent manquer d’être découvertes par un observateur attentif.

On se sert quelquefois d’un paquet de cartes de cette façon : Les correspondants s’entendent, tout d’abord, sur un certain arrangement du paquet. Par exemple : on convient de faire suivre les couleurs dans un ordre naturel, les piques au dessus, les cœurs ensuite, puis les carreaux et les trèfles. Cet arrangement fait, on écrit sur la