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propriété sur l’ombre que l’on appelle mon âme. »

Signé : A…


(Ici Sa Majesté prononça un nom que je ne me crois pas autorisé à indiquer d’une manière moins équivoque.)

« Un habile homme, celui-là » reprit l’hôte ; « mais comme vous, monsieur Bon-Bon, il s’est mépris au sujet de l’âme. L’âme une ombre, vraiment ! L’âme une ombre ! Ha ! Ha ! Ha ! — Hé ! Hé ! Hé ! — Hu ! Hu ! Hu ! Vous imaginez-vous une ombre fricassée ? »

« M’imaginer… (Un hoquet) une ombre fricassée ! » s’écria notre héros, dont les facultés commençaient à s’illuminer de toute la profondeur du discours de Sa Majesté.

« M’imaginer une (Hoquet) ombre fricassée ! Je veux être damné (Un hoquet) Humph ! si j’étais un pareil — humph — nigaud ! Mon âme à moi, Monsieur… — humph !

« Votre âme à vous, Monsieur Bon-Bon. »

« Oui, monsieur… humph ! mon âme est… »