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que pour l’heureux tic qu’il avait de commettre des bévues. Il n’y a dans tout ce qu’il a écrit qu’une seule vérité solide, et encore la lui ai-je soufflée par pure compassion pour son absurdité. Je suppose, Pierre Bon-Bon, que vous savez parfaitement à quelle divine vérité morale je fais allusion ? »

« Je ne saurais dire… »

« Bah ! — Eh bien, c’est moi qui ai dit a Aristote, qu’en éternuant, les hommes éliminaient le superflu de leurs idées par la proboscide. »

« Ce qui est… — (Un hoquet) indubitablement le cas ! » dit le métaphysicien, en se versant une autre rasade de Mousseux, et en offrant sa tabatière aux doigts de son visiteur.

« Il y a eu Platon aussi, » continua Sa Majesté, en déclinant modestement la tabatière et le compliment qu’elle impliquait — « il y a eu Platon aussi, pour qui un certain temps j’ai ressenti toute l’affection d’un ami. Vous avez connu Platon, Bon-Bon ? — Ah ! non, je vous demande mille pardons. — Un jour il me rencontra à Athènes dans le Parthénon, et me dit qu’il était