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tem ; mais ils s’y refusèrent. Comme il arrive souvent en présence de pareils refus, les praticiens résolurent d’exhumer le corps et de le disséquer à loisir en leur particulier. Ils s’arrangèrent sans peine avec une des nombreuses sociétés de déterreurs de corps qui abondent à Londres ; et la troisième nuit après les funérailles le prétendu cadavre fut déterré de sa bière enfouie à huit pieds de profondeur, et déposé dans le cabinet d’opérations d’un hôpital privé.

Une incision d’une certaine étendue venait d’être pratiquée dans l’abdomen quand, à la vue de la fraîcheur et de l’état intact des organes, on s’avisa d’appliquer au corps une batterie électrique. Plusieurs expériences se succédèrent, et les effets habituels se produisirent, sans autres caractères exceptionnels que la manifestation, à une ou deux reprises, dans les convulsions, de mouvements plus semblables que d’ordinaire à ceux de la vie.

La nuit s’avançait. Le jour allait poindre, on jugea expédient de procéder enfin à la dissection. Un étudiant, particulièrement désireux d’expérimenter une théorie de